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Le web fait-il (enfin) notre boulot à notre place ?

On a cliqué, on a liké, on a commenté. Aujourd’hui, on délègue. Et franchement… il était temps.

Le web, ce miroir de notre flemme évolutive

L’histoire du web, c’est un peu comme celle d’un ado qui devient adulte : au début, il écoute, il apprend. Ensuite, il discute, il débat. Et enfin, il comprend qu’il peut payer quelqu’un d’autre pour faire le boulot à sa place. Depuis les années 2000, notre Internet a mué. Il a quitté ses pages HTML froides et encyclopédiques pour devenir un véritable terrain de jeu interactif, avant de se transformer aujourd’hui en assistant personnel bienveillant… (ou presque).

On est passés du Web 1.0, celui où on lisait religieusement des infos sur des sites façon vitrine, au Web 2.0, l’époque bénie où chacun est devenu rédacteur, vidéaste, influenceur ou troll, selon les jours. Et maintenant, on entre dans le Web 3.0 ou 4.0 ou 5.0, enfin bref : le web des bots. Celui où on n’a plus besoin de participer activement, parce qu’une IA s’occupe de tout à notre place. Réserver un billet ? Gérer tes mails ? Écrire un post LinkedIn que tu n’auras même pas envie de lire toi-même ? Laisse faire, t’inquiète.

Des plateformes aux assistants : le grand glissement tranquille

La logique du web, c’est comme celle du capitalisme : automatiser, simplifier, rentabiliser. Les plateformes ont longtemps joué les entremetteuses. Airbnb t’a trouvé un appart, Uber un chauffeur, Tinder un date (ou un plan foireux, c’est selon). Elles ont mis les gens en relation et leur ont demandé de contribuer : donne ton avis, poste ta vidéo, note ton chauffeur ou ton date. Le Web 2.0, c’était un peu l’âge d’or de l’interactivité… avec un petit côté « fais-le toi-même, c’est plus fun » (et ça coute moins cher à la plateforme).

Mais aujourd’hui, place aux bots, ces petites mains numériques sans émotion ni pause-café, qui prennent les commandes. Une réservation à faire ? ChatGPT te propose un itinéraire. Un email à écrire ? Copilot s’en charge. Un service client à contacter ? Tu causes à un assistant automatisé qui comprend mieux tes humeurs que ton ex.

Selon Gartner, d’ici 2026, en 2026, le volume des moteurs de recherche traditionnels diminuera de 25%, les chatbots IA et autres agents virtuels prenant une part plus importante dans la recherche d’informations Et pendant ce temps, toi, tu bois ton café. C’est pas beau, ça ?

Evolution du Web
Evolution du Web

Sommes-nous devenus les touristes de notre propre vie numérique ?

La vraie question, c’est celle-ci : est-ce qu’on gagne du temps ou est-ce qu’on est juste en train de s’effacer lentement derrière nos propres algorithmes ? Ce nouveau web, c’est un peu comme si t’avais embauché un stagiaire pour vivre ta vie numérique à ta place. Pratique, certes. Mais à quel moment tu redeviens l’acteur principal de ton script ?

D’autant que cette automatisation soulève une avalanche de petits soucis qu’on commence à peine à entrevoir. Des décisions prises sans nous, des erreurs qu’on ne comprend pas, des préférences qu’on n’a jamais exprimées. Le web d’aujourd’hui, c’est un assistant personnel un peu zélé, qui devine ce qu’on veut avant même qu’on l’ait pensé. Pratique ? Oui. Flippant ? Aussi.

Et si c’était exactement ce qu’on voulait depuis le début ?

Peut-être que cette évolution est logique, voire inévitable. On a toujours voulu que la technologie nous facilite la vie. Et le web, c’est un peu le miroir de notre grande quête de confort. Lire moins, faire moins, décider moins… Mais continuer à tout avoir, tout de suite.

Alors oui, on râle un peu parce que le web devient une boîte noire incompréhensible. Mais au fond, on adore quand il devine qu’on a envie de tacos un jeudi soir. Ce web des bots, c’est peut-être pas la fin de l’humain en ligne. C’est juste la naissance de notre double numérique efficace.

Et franchement, si ça peut m’éviter d’avoir à écrire ma bio pour la douzième fois sur un site de networking… je prends.